Comment est fabriqué le whisky ?
La fabrication du whisky inclut le maltage, le broyage, la fermentation, la distillation et le vieillissement. Ce chapitre détaille le rôle et l'influence de chaque étape, ainsi que les différences de fabrication selon les types de whisky.
1. Matières premières : eau et orge
Eau
Les distilleries ont besoin d'une grande quantité d'eau froide et propre pour brasser le whisky, donc une source d'eau accessible est essentielle. La plupart utilisent de l'eau de source, d'autres emploient de l'eau de lac ou même de l'eau municipale. Si les sources d'eau influencent légèrement l'efficacité de la fermentation, la majorité pense qu'elles n'affectent guère le goût final du whisky.
Orge
Les distilleries préfèrent l'orge écossaise, sans obligation légale. Beaucoup utilisent de l'orge d'autres régions et on estime que l'origine de l'orge n'a pas d'effet sur la saveur.
2. Maltage
Chaque grain d'orge est riche en amidon. Le maltage consiste à créer des conditions favorables pour faire germer l'orge : on la trempe dans l'eau dans un environnement humide. Les enzymes activées transforment l'amidon en sucre, ingrédient indispensable à la brasserie. Une fois la quantité de sucre suffisante, on arrête la germination pour passer au séchage.
3. Séchage du malt
- Séchage à air chaud : cette méthode ne modifie pas la saveur naturelle de l'orge.
- Séchage à la tourbe : la tourbe est une plante semi-carbonisée qui dégage une fumée épaisse en brûlant. Les composés phénoliques présents dans la fumée se fixent sur l'orge et confèrent au whisky une saveur caractéristique. Facile à obtenir dans les régions insulaires, elle est très utilisée et constitue la marque des whiskies insulaires.
4. Broyage
Le malt séché est réduit en grosses particules avant la brassage. Le contrôle de la température et de la durée du broyage est primordial ; une température trop élevée ou un broyage trop long dégrade la qualité finale de la boisson.
5. Brassage
La poudre d'orge est placée dans une cuve de brassage et mélangée à de l'eau chaude à 63,5 °C. L'amidon se transforme en sucre pour former le moût. On filtre ensuite le liquide à travers la cuve poreuse, en répétant l'opération deux fois pour extraire un maximum de sucre. Le liquide restant est réutilisé pour les brassages suivants.
- Un soutirage lent du moût donne un liquide clair, idéal pour élaborer un whisky sans forte note de céréale.
- Un soutirage rapide entraîne des résidus solides et produit un whisky aux arômes de fruits secs et de noix.
6. Fermentation
Après refroidissement, le moût est transféré dans des cuves de fermentation en bois ou en acier inoxydable. On ajoute de la levure pour lancer la fermentation ; tous les whiskies écossais utilisent le même type de levure.
- Fermentation courte, moins de 48 heures : la levure transforme rapidement le sucre en alcool et le whisky développe une forte personnalité maltée.
- Fermentation longue, plus de 55 heures : elle produit davantage de lipides, ce qui rend le whisky plus léger, plus complexe et riche en notes fruitées.
7. Distillation
Vient ensuite la distillation dans des alambics en cuivre, matériau qui joue un rôle majeur sur la saveur du whisky. On ajuste le temps de contact entre la vapeur d'alcool et le cuivre pour obtenir le style souhaité.
Le degré d'alcool du liquide fermenté est d'environ 8°. On procède généralement à deux distillations dans des alambics en cuivre ; certaines distilleries font trois distillations ou des procédés spéciaux à 2,81 distillations. La première distillation monte le degré à environ 23 %, appelé vin bas. La seconde distillation sépare le distillat en tête, cœur et queue. Seul le cœur précieux est vieilli en fût ; les têtes et queues sont mélangées au prochain vin bas pour être redistillées.
La maîtrise des détails de distillation, contact cuivré, condensation, fractionnement, est essentielle, chaque distillerie adaptant sa méthode.
Contact avec le cuivre
- Contact prolongé : plus le contact est long, plus le goût est léger. Les grands alambics produisent des spiritueux plus doux que les petits.
- Contact court : plus le contact est bref, plus la saveur est intense et corsée.
Condensation
La vapeur d'alcool se liquéfie après contact avec le cuivre. Différents modes de condensation modifient la saveur finale.
- Condensation tubulaire : colonne haute équipée de nombreux tubes en cuivre remplis d'eau froide. La grande surface de cuivre adoucit la saveur.
- Condensation en serpentin : méthode traditionnelle où la vapeur circule dans un serpentin en cuivre plongé dans l'eau froide. Moins de contact cuivré permet d'obtenir un whisky plus riche et corsé.
Fractionnement
Le liquide condensé est séparé en tête, cœur et queue, et le moment de séparation influence grandement l'arôme.
- Séparation précoce : arôme léger, fin et délicat.
- Séparation tardive : saveur plus dense, onctueuse et pleine, avec une forte note fumée.
8. Vieillissement en fût
Le distillat est mis en fûts de chêne pour vieillir. Il peut s'agir d'anciens fûts ayant contenu du xérès, du bourbon, du vin ou de fûts neufs. Le bois atténue les notes vives du spiritueux et lui transmet ses propres arômes, enrichissant la complexité du whisky. La durée de vieillissement, l'état et le type de fût ont une grande influence sur le résultat final.
9. Mise en bouteille
Après vieillissement, on procède à la mise en bouteille avec trois choix possibles :
- Filtration à froid : elle rend le whisky plus limpide mais altère légèrement sa saveur naturelle.
- Ajustement de la couleur : ajout de colorant caramel pour uniformiser et stabiliser la teinte.
- Réglage du degré d'alcool : la loi écossaise impose un minimum de 40 % d'alcool. Les whiskies à degré naturel de fût sont de plus en plus populaires.
